mercredi 3 juin 2015

dimanche 31 mai 2015

Usine Lambiotte 2015

« J’ai peur d’une société axée sur la compétition, la concurrence. Une société qui vous dit d’être des gagnants. Mais qu’est-ce qu’un gagnant sinon un fabriquant de nombreux perdants ! » Albert Jacquart

« C’était une usine, c’est devenu un monstre. Il n’en restera rien. Les collectivités locales ont renoncé à l’idée de conserver le moindre bâtiment du site Lambiotte qui a définitivement fermé ses portes fin 2002. » Le JDC 31/08/2012

L’intérêt des « Haikyo », autrement dit des « ruines récentes » en japonais, ou des « Urbex », contraction de la locution « exploration urbaine », ici, en Europe, n’est pas vraiment récent. Mais depuis l’accélération, dès la fin des années 70, de la désindustrialisation et avec les nombreuses friches qui l’accompagne, ce goût est devenu aujourd’hui une mode.
Comme le dit si bien Michèle Broune « tous ces Beaubourg cachés que l’on a presqu’oubliés », à l’esthétique inquiétante et souvent agressive, vestiges d’un passé pourtant encore présent dans bien des mémoires, et dès lors qu’ils se situent hors d’une zone urbaine dense, n’attirent cependant pas les investisseurs. Ici, il ne sera jamais question « d’espaces et projets intermédiaires » pour reprendre le langage convenu de Michel Duffour, secrétaire d’État au Patrimoine et à la Décentralisation culturelle.
Des sites, comme l’ex Usine Lambiotte, témoignent d’un passage, souvent brutal, d’une société industrielle et de ses rêves consuméristes, plus ou moins accessibles, à celui d’une société axée sur les services et les moyens dématérialisés de communication.
Hélas ou, après tout, peut-être tant mieux ! Ces friches industrielles marquent aussi la fin du mythe du plein emploi que le secteur dit tertiaire ne parviendra jamais à compenser.

« C’est un peu comme la disparition des allumeurs de réverbères ! On peut s’en plaindre ou s’en réjouir : d’autres métiers sont apparus, le chômage aussi… Dans 50 ans, quelles seront les images collectées par les VEILLEURS DE MEMOIRE penchés sur les années 2015 ? Les migrants noyés en Méditerranée ? Les terrils de cartes-mères ou réseau de nos ordinateurs et consorts ?
On parlait de cadences infernales, hier. Aujourd’hui, on dit STRESS. Demain, quel mot viendra désigner les pénibilités d’un système encore inconnu ? » Michèle Broune

2015 Usine Lambiotte


Collection Christian Lebrot - Nevers